Communiqué de Jean-Christophe Cambadélis - Iran

Le 28 décembre 2009

À l’occasion de la journée du deuil chiite (Achoura), des milliers d’Iraniens, partisans de l’opposition, se sont rassemblés à Téhéran et dans d’autres grandes villes du pays. Ces rassemblements de deuil ont été réprimés avec une rare brutalité. La violence qualifiée de « sauvage » par l’ex-candidat Mehdi Karoubi a fait de nombreux morts et blessés parmi les manifestants.

Impuissant face à la contestation populaire qui a une profonde exigence de justice et de démocratie, le régime iranien se réfugie dans la répression et l’arrestation des opposants.

Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées depuis hier. Parmi eux se trouvent les proches conseillers de l’ex-président Mohamed Khatami et du chef de l’opposition Mir Hussein Moussavi, ainsi qu’Ibrahim Yazdi, l’ancien ministre des Affaires étrangères et chef du mouvement de Libération de l’Iran.

Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté, comme il l’a fait dans le passé, le mépris dont font preuve les autorités iraniennes vis-à-vis de la vie de leurs propres citoyens. Aucun régime ne peut durablement se maintenir au pouvoir par la seule force de répression et contre la volonté de la majorité de la population.

Le Parti socialiste salue la mémoire des Iraniens tués par les milices islamiques. Il réaffirme sa solidarité avec tous ceux qui, en Iran, luttent pacifiquement pour la liberté, la démocratie et le progrès. Il appelle toutes les forces progressistes dans le monde à rester mobilisées pour soutenir le peuple iranien face à la répression et l’arbitraire.

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Dissolution du DTP

Le 14 décembre 2009

La Cour constitutionnelle turque a prononcé, ce vendredi 11 décembre, la dissolution du Parti pour une Société Démocratique (DTP), le principal parti kurde.

Le Parti socialiste regrette vivement cette décision qui va à l’encontre des efforts de ce parti et de tous ceux qui en Turquie militent pour une solution politique et pacifique à la question kurde au sein d’une Turquie unie.

Le DTP, membre de l’Internationale Socialiste, est un grand parti représenté à l’Assemblée nationale turque. Son absence de la vie politique en Turquie ne fait qu’aggraver la situation et renforcer les extrémistes.

Le Parti socialiste espère qu’une solution juste puisse être rapidement trouvée pour ne pas exclure de la vie démocratique, à travers la dissolution du DTP, plusieurs millions de citoyens qui ont voté pour plusieurs dizaines de députés et de maires appartenant à ce parti.

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Jean-Christophe Cambadélis critique le bilan de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy à mi-mandat

Le 10 décembre 2009

Cambadélis sur DailyMotion

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Congrès du PSE à Prague: “reformuler notre socialisme”

Le 7 décembre 2009

Le huitième congrès du Parti socialiste européen (PSE) se tient lundi et mardi dans la capitale tchèque. Le PSE rassemble les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes de l’Union européenne. A la veille de ce congrès Radio Prague a posé quelques questions à Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire du Parti Socialiste français chargé des affaires internationales et européennes et venu à Prague avec Martine Aubry, la première secrétaire du PS.

Quels sont les principaux points au programme de ce huitième congrès ?

« Il y aura plusieurs points à l’ordre du jour. D’abord la nécessité de discuter sur les raisons de notre échec, car nous avons connu un échec historique dans l’ensemble de l’Europe. La grande vague rose des années 1980 a laissé la place à une grande vague bleue, dans une situation économique qui normalement devrait plutôt permettre à la gauche de l’emporter. Donc il faut quand même s’interroger sur le fait que notre défaite n’est pas conjoncturelle mais structurelle : la social-démocratie, les partis socialistes sont concurrencés aujourd’hui par les verts et d’autres formations politiques. Et puis il faut aussi discuter de la crise économique à laquelle nous faisons face en Europe. Enfin, essayer de réfléchir à la manière dont nous allons reformuler notre socialisme et essayer de voir comment nous allons nous structurer par rapport aux prochaines élections européennes en 2014. »

Les formations réunies au sein du PSE sont bien différentes. Sur les thèmes importants comme les solutions à la crise voyez-vous surtout des divergences ou d’abord des points de convergence ?

« Dans le PSE il y avait une fracture très importante entre les tenants disons du social-libéralisme, de la troisième voie, du nouveau centre et puis ceux comme le PS français par exemple, avec les Grecs, les Suédois ou encore les Danois qui défendaient l’idée d’un socialisme plus étatique. Mais avec la crise que nous avons connue évidemment on ne peut plus être social-libéral comme auparavant. Quand on est Gordon Brown et qu’on nationalise les banques pour faire face à la crise, ce n’est plus tout à fait le tout-marché qui doit s’imposer et l’Etat qui doit reculer là où le marché ne va pas. Donc quelque part on est dans un moment historique qui permet aux socialistes de reformuler leur pensée. Certes il faut un marché mais en même temps il faut un Etat-stratège. La question de l’intérêt général est une question qui doit être posée et que le marché ne pose pas spontanément. On le voit notamment par rapport à la question écologique. Il y a toute une série de questions qui doivent nous permettre de nous rapprocher les uns des autres. Des questions géopolitiques aussi. Aujourd’hui Barack Obama et les Etats-Unis s’occupent moins de la jeune Europe contre la vieille Europe, ils sont plus occupés à reconstruire leur propre pays. Donc on a un moment assez particulier qui peut permettre une reformulation de notre socialisme.

Pour parler de l’Europe centrale, un des points de ce congrès concerne le parti social-démocrate du premier ministre slovaque Robert Fico, qui avait été exclu provisoirement à cause de son alliance avec l’extrême-droite. Il est question aujourd’hui de le réintéger mais cela ne fait pas l’unanimité parmi les différentes formations.

« Il n’y aura pas de débat en tant que tel, on ne veut pas en faire le centre du débat, il y aura un vote. Pour ce qui est du PS français, nous avons constaté que la politique menée était peut-être même plus à gauche que certaines politiques menées par d’autres partis socio-démocrates mais que les formulations et les phrases que nous avons entendues sont proprement insupportables. On ne peut pas le supporter parce que le socialisme ce n’est pas simplement de l’économie et de la redistribution sociale, c’est aussi une éthique de comportement entre les peuples et on ne peut pas accepter un certain nombre de formulations entendues ici ou là. Donc le PS français votera contre. »

Le PSE doit également élire ou réélire son président. Qui sont les favoris ?

« Je crois que Poul Rasmussen a fait du bon boulot, dans une conjoncture très difficile. On ne peut pas dire que ce soit lui qui porte la responsabilité de défaites qui sont plus des défaites nationales que des défaites européennes, puisque précisément on a eu du mal à avoir un candidat commun contre Barroso. Donc Rasmussen doit pouvoir continuer son travail, je ne connais pas d’autre candidat à l’heure actuelle. »

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Honduras - communiqué du secrétariat international

Le 4 décembre 2009

En rejetant toute possibilité de rétablissement du président Zelaya, chef d’État en exercice déposé par l’armée le 28 juin, le parlement du Honduras viole l’accord négocié et signé le 30 octobre entre autorités de fait et autorités légales. Cette décision ôte par ailleurs tout effet légitimateur aux élections présidentielles du 29 novembre dernier.

Le Parti socialiste rappelle sa condamnation du coup d’État. Il soutient l’OEA (Organisation des États Américains) qui, saisie du problème, a affirmé fortement la nécessité pour le Honduras d’en respecter la Charte des libertés fondamentales et des droits. Le Parti socialiste appelle les responsables français et européens à joindre leurs efforts à ceux de l’OEA afin qu’un coup de force ne bénéficie d’une impunité dommageable à la stabilité démocratique de l’Amérique latine.

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8e Congrès du PSE à Prague : les socialistes français présents

Le 4 décembre 2009

Martine Aubry conduira la délégation du Parti socialiste au 8e congrès du PSE les 7 et 8 décembre prochain à Prague, en République tchèque. La première secrétaire, qui doit intervenir devant le congrès le lundi matin, rencontrera, avec Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l’Europe et à l’International, plusieurs dirigeants de la social-démocratie européenne.

La délégation socialiste, avec 23 membres, sera une des plus importantes du congrès du PSE. Lors de ce congrès qui doit fixer la feuille de route des sociaux-démocrates pour les années qui viennent, les socialistes proposeront que le PSE travaille à une déclaration de principes et qu’il inscrive dans ses statuts la désignation de son candidat à la présidence de la prochaine Commission européenne.

Par ailleurs, plus de cent militants socialistes français seront présents à Prague lors de ce congrès.

Tout au long du congrès, le PS rendra compte de ses activités dans le congrès sur Twitter et sur le blog du secteur international (international.parti-socialiste.fr)

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Iran et nucléaire - communiqué de Jean-Christophe Cambadélis

Le 1 décembre 2009

L’Iran vient d’annoncer sa volonté de construire de nouvelles usines d’enrichissement d’uranium et a menacé de limiter sa collaboration avec l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA). Les déclarations iraniennes constituent une nouvelle et inquiétante provocation après le rejet de l’offre, initialement accepte par l’Iran, visant à échanger son uranium faiblement enrichi contre du combustible nucléaire pour réacteur de recherche.
Le Parti socialiste exprime ses vives inquiétudes face à l’attitude des dirigeants iraniens qui, affaiblis et fragilisés par le puissant mouvement pour la réforme et la démocratie en Iran, se réfugient dans une fuite en avant extrêmement dangereuse pour l’Iran et pour la région.

Il demande à l’Union européenne et au gouvernement français de rester fermes, aussi bien sur le dossier nucléaire que sur le respect des droits de l’Homme en Iran. Les dirigeants iraniens doivent cesser leurs provocations et donner des garanties sur la finalité de leur programme nucléaire. Ils doivent cesser la répression contre les opposants.

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Iran - communiqué de Jean-Christophe Cambadélis

Le 19 novembre 2009

Selon la chaîne publique de la République islamique d’Iran, cinq personnes ont été condamnées à mort et 81 autres, dont Abdullah Momeni, porte-parole des étudiants réformateurs, à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison. Ils ont été accusés par la justice d’être impliqués dans les protestations qui ont suivi la réélection controversée de M. Ahmadinejad à la présidence de la république.

Ces condamnations extrêmement lourdes sont inadmissibles. Elles ont été prononcées au terme de procès à huis clos et sans la moindre transparence. Elles concernent des opposants politiques qui ont été eux-mêmes les victimes de la répression exercée par les forces de l’ordre et les miliciens islamiques, sans qu’il y ait la moindre sanction contre les responsables de cette violence.

Le Parti socialiste, attaché à défendre les droits et les libertés des citoyens, en France comme partout dans le monde, condamne fermement ces sentences injustes. Il exprime ses vives inquiétudes face à la fuite en avant du régime iranien qui persiste dans la répression des opinions contestataires en Iran.

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Présence française en Afghanistan : position du Bureau national du PS

Le 10 novembre 2009

La situation en Afghanistan se dégrade de jour en jour, le nombre de soldats de la force internationale morts au combat ne cesse de s’accroître, ainsi que celui des victimes civiles, dans des attentats, comme du fait des bombardements de la coalition internationale. L’élection présidentielle afghane, marquée par la confusion, l’insécurité, la fraude et la corruption du régime n’a apporté aucune réponse à la crise dans laquelle est plongé le pays.

Cette situation pose la question des objectifs de l’intervention internationale, de la stratégie et des méthodes utilisées, des conditions de participation de la France et des pays de l’Union européenne, et du calendrier et du terme fixé pour cette intervention.

Des objectifs de sécurité légitimes.

Au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, l’envoi de troupes en Afghanistan a été décidé conjointement par le Président de la République Jacques Chirac et le gouvernement de Lionel Jospin pour poursuivre des objectifs légitimes de sécurité collective, conformes aux intérêts de la France et inscrits dans le cadre d’un mandat de l’ONU. Il s’agissait de défaire l’organisation terroriste Al Qaeda, responsable des attaques du 11 septembre, le régime des Talibans à l’abri duquel elle avait pu agir, et d’empêcher que l’Afghanistan ne puisse offrir un nouvel accueil à des organisations terroristes menaçant la sécurité internationale et celle de notre pays.

Notre présence en Afghanistan est fondée sur un mandat international, de la résolution 1386 en 2001 jusqu’à la résolution 1890 en octobre 2009. Parallèlement à l’intervention militaire, l’ONU a appuyé un processus politique, électoral et d’aide civile, reflétant la conviction qu’il n’y a pas de solution purement militaire en Afghanistan. Au-delà de la lutte contre le terrorisme, l’intervention  de la France au sein de la coalition visait à conforter un régime démocratique en Afghanistan, à soutenir le développement et l’amélioration des conditions de vie des habitants. Ces objectifs ont largement été délaissés, l’action concentrée derrière les États-Unis sur la seule lutte contre les Talibans, souvent au détriment des populations civiles qui perçoivent de plus en plus les forces de la coalition comme des troupes d’occupation.

La nécessité d’une redéfinition.

Après huit ans sur place, les conditions de notre présence doivent être profondément réexaminées, les objectifs clarifiés et des perspectives fixées. Depuis 2003 et le passage sous commandement de l’OTAN de la force internationale d’assistance et de sécurité, la stratégie de « guerre contre le terrorisme » et son volet politique, la « démocratisation de l’Afghanistan» préconisée par l’administration Bush, ont montré leur incohérence, leur limite et leur échec. Elles conduisent, aux États-Unis même, à reconnaître la nécessité d’une remise en cause et d’un débat public, devant le Congrès, sur la définition d’une « nouvelle stratégie ».

Pourquoi le Parlement français ne peut-il débattre régulièrement avec l’exécutif du déroulement et des résultats de l’intervention sur la base de critères précis, ainsi que de ses finalités et de leur redéfinition, comme le fait l’administration Obama vis-à-vis du Congrès américain ?

Alors qu’en avril 2007, pendant l’élection présidentielle, le candidat Sarkozy déclarait : « Il était certainement utile qu’on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive », une fois élu, il décidait en avril 2008 d’envoyer 700 soldats supplémentaires en Afghanistan. Cette décision s’inscrivait dans une logique de rapprochement avec l’administration Bush au moment du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

En France, le Gouvernement ne propose aujourd’hui aucune vision stratégique sur le dossier afghan. Aucun objectif clair, aucune décision claire, aucun débat public. La position actuelle du Gouvernement sur l’Afghanistan consiste en un « ni-ni » dont le fondement stratégique n’est en réalité pas défini : ni augmentation nouvelle de troupes, ni retrait. Le transfert de l’ensemble du dispositif français de Kaboul vers le commandement régional Est ne s’inscrit dans aucune stratégie claire.

C’est pourquoi, le Parti socialiste a demandé qu’un débat ait lieu au Parlement. Celui-ci est inscrit à l’ordre du jour du Sénat, nous demandons qu’il le soit également à l’Assemblée nationale. Devant le Parlement, le Parti socialiste demandera la clarification des objectifs de l’intervention, un changement de méthode, et la définition, en lien avec les partenaires européens de la France dans la coalition internationale, d’une stratégie et d’un processus de sortie progressive d’Afghanistan.

Clarification des objectifs.

La France, pas plus que la communauté internationale, n’a vocation à rester en Afghanistan, mais à permettre à l’État afghan d’assurer lui-même, au plus tôt, la sécurité et la stabilité. Notre objectif central doit donc être l’accroissement et l’amélioration des forces de sécurité afghanes, leur formation, leur équipement, leur montée en puissance et l’établissement d’un État afghan le plus légitime et stable.

Changements des méthodes.

Tout progrès dans le domaine de la sécurité sera lié au soutien de la population au processus de stabilisation du pays. Celui-ci passe par une révision des modalités d’action sur le terrain, notamment la sécurisation et la protection des populations, plutôt que des bombardements qui renforcent le soutien aux Talibans sans que leur efficacité puisse être démontrée.

La France doit sortir du tout militaire en Afghanistan. La stabilisation de la situation du pays et le soutien des populations passent par le renforcement de l’aide civile consacrée au développement, aux infrastructures publiques, à la scolarisation, à la santé, qui représente aujourd’hui moins de 10 % de la dépense militaire. C’est une priorité indispensable pour la stabilisation mais également pour tout progrès de la démocratisation de la société et des institutions afghanes.

Définition d’un processus de sortie progressive en Afghanistan, convocation d’une conférence internationale.

La France doit refuser la perspective d’une guerre interminable aux objectifs politiques non clarifiés. Elle doit prendre la tête d’un plan de paix comme le préconise le rapport rendu à l’Assemblée nationale par Jean Glavany et Henri Plagnol. Nous demandons, en lien avec les partenaires européens de la France dans la coalition internationale, la définition d’une « stratégie de sortie progressive et planifiée » en Afghanistan, au fur et à mesure de la montée en puissance des forces afghanes, du renforcement de l’aide civile et de l’aide à la sécurisation régionale, en particulier au Pakistan. Les pays de l’Union européenne doivent être saisis par la France et en débattre ensemble.

Dans cette perspective, les socialistes demandent la tenue d’une Conférence internationale sur l’Afghanistan sous l’égide de l’ONU, rassemblant les cinq membres du Conseil de sécurité, les pays qui ont des soldats en Afghanistan et impliquant les pays voisins (Pakistan, Inde, etc.) et les Afghans dans leur diversité, pour la recherche d’une solution régionale.

9 novembre 1989 : le jour qui ébranla le monde

Le 9 novembre 2009

Personne ne regrettera que les événements de 1989 à 1991 ont abouti à l’effondrement du Bloc soviétique. Pourtant, derrière l’hymne à la liberté entonné à l’unisson par les conservateurs européens à l’occasion de ce vingtième anniversaire. Il y a une double ambiguïté. Le monde occidental a vu sa domination sans partage. Ce fut la base de la politique de Nicolas Sarkozy et les raisons de son alignement sur les USA. Et la victoire totale du libéralisme économique fut contrariée par une crise sans précédent depuis 1929.

Si la chute du Mur a consacré l’échec de l’économie planifié, la crise a fortement prouvé l’échec de la toute puissance du capitalisme. Qu’on ne s’y trompe pas, il y aura une réécriture de l’Histoire, une réinterprétation des faits et une récupération de l’événement.

LA chute du mur fut une formidable victoire de la démocratie et l’aboutissement d’un combat des socialistes car, n’en déplaise aux partisans de la confusion, le socialisme, le vrai,  s’est toujours conjugué avec la liberté et la démocratie. La social-démocratie, dès les origines, n’a jamais ignoré la véritable nature du système soviétique. Il suffit de lire les textes du théoricien allemand Karl Kautsky, ceux de Rosa Luxemburg, et le discours de Léon Blum au congrès de Tours. À gauche, « on a toujours su ». C’est la raison pour laquelle, les sociaux-démocrates n’ont cessé de tendre la main tout en gardant les yeux ouverts car ils croyaient dans la prophétie de Léon Blum. D’ailleurs, dans les racines lointaines du grand bouleversement de 1989, on trouve le choix de l’Ostpolitik du chancelier social-démocrate Willy Brandt. Les révoltes populaires de 1953, de 1956, de 1968, de 1971 ou de 1980 en RDA, dans les chantiers navals de Gdansk, de Szceczin, dans les rues de Budapest ou de Prague ont démontré que même derrière le rideau de fer, la résistance existait, obstinément malgré la répression.

Avec la Chute du Mur, on en a fini avec un monde bipolaire. Pendant les dix ans qui ont suivi, on a alors eu l’illusion que seule demeurait l’hyperpuissance américaine, que seule avait triomphé la toute puissance du marché. Bref, c’était « la fin de l’Histoire ». Et puis la guerre est revenue en Europe avec la fin de l’ex-Yougoslavie où, pourtant, le modèle titiste avait été admiré parfois dans certains cercles de la gauche française ; la mondialisation a montré qu’elle n’était pas si heureuse ; les conflits régionaux n’étant plus « contenus » dans le cadre de la Guerre froide, ils se sont multipliés ; avec l’échec du communisme, les intégrismes religieux ont continué leur développement avec le recours à la violence terroriste, non plus contre des avions ou des magasins,mais en frappant au cœur des nations, comme ce 11 septembre 2001 à New York et Washington.

Il y a d’autres murs à abattre. A Pyongyang, à Saigon, Pékin ou la Havane. Des murs ailleurs d’une autre nature, l’oppression politique continue, l’injustice sociale s’accroît et la nature s’abîme. Voilà pourquoi le combat n’est jamais fini.

Hommage donc aux anonymes, aux dissidents célèbres, aux hommes et aux femmes ordinaires, l’engagement des intellectuels, le courage de cadres du « Parti » qui ont su dire « non », parfois en y laissant la vie. S’il y a une leçon à retenir, c’est que rien n’est immuable. Lorsque les peuples s’emparent de leur histoire. S’il y a un enseignement à méditer, c’est que le monde de l’après-crise n’est pas unipolaire, mais multipolaire. Dans ce nouveau monde, l’Europe se doit d’être au rendez-vous de l’Histoire.

Jean-Christophe Cambadélis

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